14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 15:56
Additif à l'article, le 25 juin 2009

J'ai eu quelques retours sur cet article. On m'indique notamment que j'aurais oublié une option proposée lors du dernier round de négociation entre Fabrice Andrella et Michel Mullot.(round auquel je n'étais malheureusement  pas convié, comme je l'ai déjà dit). Il aurait plus ou moins été proposé côté ICM, en cas d'alliance entre leurs deux listes, que Michel Mullot ait 17 Conseillers municipaux pendant par exemple trois ou quatre ans, ce qui lui aurait donné les pleins pouvoirs, puis qu'ensuite 4 Conseillers municipaux (ou plus) de Michel Mullot démissionnent, ce qui aurait eu pour conséquence pour Fabrice d'avoir autant de colistiers qui seraient devenus Conseillers. Progressivement, Michel Mullot aurait ainsi transféré ses pouvoir à Fabrice.

Si cette option a réellement été  proposée, il est clair qu'elle aurait permis d'éviter de proposer aux habitants une cohabitation de façade entre deux 'fortes personnalités'. Lors des prochaines élections il me semble qu'il faudrait garder en tête ce genre d'arrangement, il n'est pas dénué d'intérêt.

Article initial du mardi 14 juillet 2009

Le 16 mars 2008, la coalition « PS (derrière Monique brochot) + Gauche Citoyenne (derrière Bénédicte Bauret) + Divers gauche (derrière Frédéric Mallozi) » a gagné les élections avec environ 45% des voix. La liste de Fabrice Andreella à laquelle j’appartenais est arrivée deuxième avec 29,8% des voix, et la liste de Michel Mullot est arrivée dernière avec 25,2 % des voix. Je ne souhaite pas raconter par le détail toute la campagne. Je souhaite juste mettre l’accent sur des points anecdotiques, souvent succulents, et expliquer comment on peut perdre alors qu’on semble être majoritaire (29,8 + 25,2 = 55 %).

Le must : Guy Carlat. Ce monsieur présentait une liste de droite non soutenue par l’UMP (et pour cause : l'UMP soutenait Michel Mullot et espérait bien que Guy Carlat n'arriverait pas à constituer une liste !). Il n’a pas atteint 10% au premier tour et n’a donc pas pu  négocier la fusion de sa liste avec une autre au deuxième tour. Il a à mon avis tué ses chances dès le début de la campagne. Pourtant ses tracts étaient très bien rédigés, très pédagogiques, on sentait un homme sincère, travailleur. Mais… presque plus à droite que la droite ! Je pense en disant cela à son article, sorti dès le début de la campagne, sur le fait qu’il fallait fortement augmenter les moyens de la police, mettre des caméras à droite à gauche etc. : tout cela était largement excessif, monsieur Carlat, plus d’un habitant l’a ressenti comme moi. On se serait presque cru à Chicago pendant la prohibition ! Note : j'ai rencontré Guy Carlat depuis, il a reconnu que son passé professionnel (il s'occupait de sécurité à la SNCF) lui avait donné une nien mauvaise idée.

Parlons un peu de la scission Fabrice Andreella / Michel Mullot, plusieurs années auparavant, jamais vraiment cicatrisée. Officiellement, Fabrice s’est éloigné de Michel quand ce dernier s’est trop rapproché de la droite. Fabrice, membre du Modem, anciennement associé à des socialistes, ne voulait pas suivre. Ajoutons à cela des conflits / bourdes lors d’élections passées où ils étaient ensemble (logiciel pour un tract non géré par l’imprimeur, désistement tardif etc.). Ajoutons leur incapacité à se partager par avance équitablement les rôles pour éviter de se concurrencer au premier tour des élections de 2008. Résultat de cette scission :  Fabrice a monté sa liste en partant presque de zéro, et en recrutant beaucoup de novices en matière d’élection municipale (dont moi-même). Novices, mais jeunes, dynamiques, motivés, avec des profils de valeur sur certains sujets. Michel Mullot ne peut pas lui reprocher de lui avoir « piqué des colistiers ».

La campagne avant le 1er tour

Il était clair que la gauche se battait beaucoup. Monique Brochot, pour la liste PS, était mise en avant pour la faire connaître, même tardivement, aux habitants.

Bénédicte Bauret et Frederic Mallozi étaient rompus aux combats électoraux et à la mainmise sur les panneaux d’affichage libres. IIls recollaient systématiquement les tracts des autres listes, chose qui révulse mon côté écolo car c’est du gâchis de papier, de colle, d’essence pour aller sur place etc. Mais bon, ça marche. Qui aurait parié que Frédéric Malozzi aurait plus de 10% au premier tour ?

Côté Michel Mullot, rien de bien neuf. On ne  connaissait que trop les qualités de ce monsieur pour tourner en dérision ses adversaires. Mais pour moi, critiquer suppose de proposer des alternatives et je n’en voyais pas beaucoup. De plus un peu d’autodérision n’aurait pas nui : je pense que quand on ne sait critiquer que les autres, jamais soi-même, on ne mérite pas complètement sa place de numéro 1. Et puis on n’entendait pas parler des autres personnes de sa liste, on sentait bien que le patron n’était pas très partageur.

Côté Fabrice nous ne nous sommes pas trop mal défendus. Ceci dit :
 Nous avons dû être les seuls à ne jamais distribuer de tracts à la gare de Mantes la jolie, côté Mantes la Ville, au premier tour. Quand on voit le nombre d’habitants qui s’y rendent tous les jours ! Entre les deux tours je suis allé de ma propre initiative en distribuer à cet endroit, avec un petit tableau d’écolier sur lequel figurait une grande affiche de Fabrice. Ce petit tableau c’est mon côté inventif, pas toujours très pro mais efficace malgré tout.
 Notre bulletin de vote du premier tour était blanc, on ne peut plus moche. Nous ne savions pas que nous pouvions l’habiller un peu. Sur mon initiative nous nous sommes rattrapés au deuxième tour.
 Nos tracts manquaient d’humour. Heureusement, Fabrice en a mis beaucoup dans l’ultime tract avant le deuxième tour, mais c’était trop tard. C’est je pense ce tract, à l’initiative de Fabrice seul, qui nous a permis de passer devant Michel Mullot au deuxième tour.

La campagne entre les deux tours

Résumons la situation. Les socialistes de Monique Brochot arrivent en tête avec environ 20% des voix, Michel Mullot arrive deuxième avec 18,5 % des voix, Bénédicte Bauret et Fabrice sont troisièmes à égalité avec 16,5%, et Frédéric Mallozi, bien que dissident du PS, a passé la barre des 10% et peut donc s’il le décide maintenir sa liste au deuxième tour (autrement dit, Monique Brochot et Bénédicte Bauret n’auront d’autre choix que de lui laisser une partie du pouvoir pour qu’il ne maintienne pas sa liste, car cela aurait pu les faire perdre).

Tentative de rapprochement avec la gauche :

A ce stade, Fabrice nous propose de tenter un rapprochement avec Monique Brochot. Il lui téléphone et elle lui répond en substance : «  Nous préfèrerions une fusion à trois, avec ma liste, la liste de Bénédicte et la tienne ». Fabrice refuse, car il considère que Bénédicte Bauret est bien trop à gauche, limite extrême gauche. Pour la petite histoire, j'ai cru à moment donné que Bénédicte n’était pas a priori opposée à un rapprochement avec Fabrice. Je l'avais mentionné dans cet article. En effet il m'avait semblé qu'un de ses colistiers m'avait dit quelque chose dans ce sens. Avais-je mal entendu ? Le colistier en question avait-il mal interprété les propos de Bénédicte ? Toujours est-il  que Bénédicte m'a clairement dit qu'il n'en avait jamais été question. Dont acte. Je lui ai promis, la prochaine fois, de  la contacter pour vérifier ce qu'on me rapportait sur elle... Une rencontre aura lieu entre Monique Brochot, son premier lieutenant Patrick Lefoulon, Fabrice et deux personnes de notre liste, mais il est clair que le PS a d’ores et déjà décidé de s’associer avec les deux autres listes de gauche. Monique Brochot indiquera d’ailleurs plus tard dans la presse qu’elle n’a fait que suivre les consignes de la direction du PS : s’allier avec la gauche ‘plus radicale’ et y ajouter au besoin le Modem. Et moi dans tout ça : rétrospectivement je ne me reconnais plus. Je ne suis pas un homme de gauche. Je pense par exemple que les universités ont besoin d'autonomie, qu'elles ne doivent pas avoir des moyens identiques, qu'elles doivent pouvoir si elles le veulent être financées en partie par le privé, je pense qu’une crise économique ne doit pas se relancer par une augmentation artificielle de pouvoir d’achat, que les caméras de surveillance ont un rôle dissuasif et sont un moyen de preuve suffisamment efficace pour qu'on ne s'émeuve pas à l'excès de l'atteinte à la vie privée. Et pourtant j’approuve Fabrice dans sa tentative de rapprochement avec le PS. Une seule de nos colistières s’insurge contre cette initiative… 

Notre tentative de rapprochement avec Michel Mullot :

Avant le premier tour, nos « ennemis » étaient « la Gauche », et notre principal «adversaire » était Michel Mullot (pour moi c’était presque un ennemi d’ailleurs, du fait de sa tendance à tout critiquer sans rien proposer, et du fait de son âge trop avancé à mon goût pour être Maire). Entre les deux tours, suite à la fin de non recevoir de la gauche, notre adversaire d’hier devenait un allié pour un mariage de raison. Le hic, c’est que nous ne nous connaissions pas ! Quand Fabrice m’a fait l’ « honneur » de m’emmener chez Michel Mullot, lors de l'avant dernier round de négociation, voilà ce que j’ai vu. Michel avait entre 15 et 20 colistiers chez lui. J’ai proposé un tour de table pour que chacun raconte pourquoi il était là, ce qui permettait déjà un premier contact. Le tour de table fini, il était clair que Michel avait des colistiers très impliqués dans diverses associations de la ville ou très compétents sur des sujets techniques. De notre côté nous apparaissions moins mûrs, avec moins d’expérience. Michel Mullot s’enquit ensuite de savoir si nous voulions rejeter certains de ces colistiers en cas de liste commune. Question oh combien simple quand on ne les connait pas ! Nous restâmes cois. Michel Mullot s’enquit alors de savoir qui ferait le tract du deuxième tour. Deux secondes après avoir posé la question il trancha que son équipe réaliserait le tract et nous le soumettrait pour confirmation. Quel sens du travail en équipe !

Plus tard, Fabrice emmena deux autres de nos colistiers revoir Michel Mullot, le numéro 13 et le numéro 15. Michel Mullot avait toujours un nombre important de colistiers chez lui quand il les reçus.

Attardons-nous un instant sur ces numéros 13 et 15. Il faut savoir que dans notre commune le nombre de conseillers municipaux est de 33. La liste arrivée en tête au deuxième tour bénéficie en principe de 24 sièges sur les 33, l’opposition s’en partage 9. Comme Michel Mullot nous précédait légèrement au premier tour, Fabrice demandait sa part, soit 11 sièges sur 24  et en laissait 13 sur 24 à Michel Mullot. Avant leur départ chez Michel Mullot je m’insurge en vain auprès de Fabrice sur le choix des 13ème et 15ème, pensant que si nous voulions trouver l’union avec Michel Mullot nous avions intérêt à nous présenter avec tous ceux qui le souhaitaient, certes, mais au moins aussi avec tout ou partie des 11 premiers.

 Demander 11 éligibles sur 24 à Michel Mullot était logique, équitable. Mais Michel Mullot fut intraitable : il voulait la majorité absolue des sièges, donc 17 sur 33, il nous en laissait donc 7 seulement,  et nous proposait en contrepartie de ce « vol manifeste » 5 postes d’adjoint (nous qui n’avions que peu d’expérience…). Pour être Maire en deux tours dans notre commune il faut trois étapes :
1. Avoir plus de 10% des voix au premier tour.
2. Fusionner au besoin sa liste avec d’autres listes ayant au moins 5% des voix, et que la nouvelle liste obtienne plus de voix que les autres listes du deuxième tour.
3. Etre élu Maire par les conseillers municipaux lors du premier Conseil Municipal. 
Certaines personnes, comme Michel Mullot, n’acceptent pas cette troisième étape, pourtant prévue par la loi, et qui a l’avantage de superposer deux niveaux démocratiques : les habitants choisissent l’équipe municipale, et les élus (les Conseillers Municipaux) choisissent le Maire. Dans une logique un peu équivalente, notre Communauté d’agglomération a un Président de droite élu grâce à des voix de gauche. C’est la loi, c’est la démocratie. Michel Mullot ne voulait pas risquer de se voir privé du poste de Maire et a donc exigé les pleins pouvoirs dès le deuxième tour. Et tant pis pour la démocratie !

Pourquoi toute l’équipe de Michel Mullot a-t-elle fait bloc derrière lui sur sa proposition inéquitable, même après que Fabrice ait répondu en substance « Non merci, nous voulons simplement notre part » ? Pourquoi l’ont-ils laissé faire une « démonstration » au tableau noir, où il tentait d’indiquer que nous avions sans doute fait lau premier tour le plein de nos électeurs (certains s’étaient d’ailleurs sûrement trompés en choisissant notre bulletin de vote….) ? Pourquoi personne de son équipe n’a-t-il voulu sauver sa peau, car partir chacun de notre côté offrait un boulevard à la gauche ?

Plusieurs réponses sont possibles. D’abord, Fabrice était vu comme un traître, mais on ne peut pas à mon avis lui reprocher cela, tout citoyen a le droit de présenter sa propre liste a des élections. Ensuite, Fabrice a une réputation d’homme qui louvoie. Certaines fois il communique, ensuite non, puis il communique à nouveau. Personnellement j'ai  tenté en vain de le convaincre de se calmer en Conseil Municipal : il est parfois violent verbalement, surtout quand il voit qu'il n'a pas le dessus sur un sujet parce que l'équipe majoritaire dévoile un argument qui casse sa critique initiale),. Du coup j'ai décidé de le quitter. Je le lui ai écrit, je le lui ai dit. Nous nous retrouverons (j'espère) au deuxième tour des prochaines municipales. Même avant : les alliances se préparent bien avant le deuxième tour si elles veulent être efficaces !

En conclusion, je considère que si Michel Mullot a la majorité des torts, nous avons tous notre part également. Je m’active actuellement à ce que nous communiquions, oralement ou par écrit via cet article par exemple. Michel Mullot dit qu’il ne sera pas candidat au poste de Maire la prochaine fois car il sera trop âgé. Dont acte. J'ai de bons rapports avec ses anciens colistiers, avec ceux de l'équipe d'André Alerte également. Discutons déjà entre nous, nous verrons bien  si nous parvenons à  nous associer pour bouter hors de la Mairie à la prochaine échéance cette équipe qui ne nous convient  pas. Et ne parlons pas déjà de future tête de liste, nous verrons bien le moment venu quels seront les candidat(e)s et quel accueil sera réservé à chacun d'eux.

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  • : Le blog de macmecmic sur Mantes la Ville (78) => maubertmlv@gmail.com
  • : J'habite Mantes la Ville. J'aime cette ville et ses habitants. Je suis membre d'EELV, après m'être cru "de droite". Je me situerais plutôt aujourd'hui comme "centre gauche". Je défends une ligne écologique avant tout. Je souhaite également une société qui donne plusieurs chances à celles et ceux qui échouent, sans pour autant leur faire de cadeaux, ce doit être du donnant-donnant. Quant aux "riches", personne physique ou morale, il me semble qu'il faudrait trouver un moyen de les taxer proportionnellement à leur empreinte écologique... et sociale. Un taux arbitraire fixe me semble être une très mauvais principe.
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